Annoncer une mauvaise nouvelle

Mars 2017
La Haute Autorité de Santé qualifie la mauvaise nouvelle comme « une nouvelle qui change radicalement et négativement l’idée que se fait le patient de son (…) être et de son (…) avenir ». L’annonce d’une telle nouvelle peut être un exercice difficile pour le médecin ou le professionnel de santé. C’est pourquoi, en mai 2008, la HAS a sorti une brochure pour aider le médecin à améliorer ses pratiques dans ce domaine.

Questions à se poser avant la rencontre avec le patient

La HAS propose aux médecins et aux professionnels de santé de mieux comprendre leurs propres difficultés en se posant les questions ci-dessous.

Sur soi

  • Ai-je des difficultés à dire et pourquoi ?
  • Quelles représentations, quelles expériences personnelles (positives, négatives) ai-je de cette maladie et de ses conséquences ?
  • Quel rôle vais-je avoir dans la prise en charge du malade (traitement, accompagnement) et quelles en sont les limites ?

Sur la maladie

  • Que sais-je de la situation clinique du patient ?
  • Que sais-je de la maladie et de son évolution naturelle (survenue d’un handicap, mise en place de traitements de plus en plus contraignants, etc.) ?
  • Que sais-je des options thérapeutiques, des prises en charge possibles et de leurs conséquences ?
  • Que sais-je du rapport bénéfice-risque de chacune de ces prises en charge ?
  • Quelle est la part d’incertitude du pronostic, de la variabilité de l’expression de la maladie ?
  • Que puis-je prévoir de l’évolution de ce patient ?
  • Qu’est-ce qui va changer dans la vie du patient ? Qu’est-ce qui sera probablement le plus difficile pour lui ?
  • Quelle est la filière de prise en charge (structure d’accueil) lorsque le handicap ou les difficultés surviennent ?

Questions à se poser pendant


La HAS précise que le médecin doit recueillir des informations pendant la rencontre avec le patient. Celles-ci concernent le patient lui-même et son environnement. Voici les questions proposées par la HAS :
  • Ce que le patient attend de cette consultation.
  • Les personnes qu’il a déjà rencontrées, l’information qu’il a déjà reçue, ce qu’il en a compris.
  • Ce qu’il souhaite savoir, aujourd’hui.
  • Les représentations qu’il a de cette maladie et de ses conséquences.
  • Les expériences personnelles (famille, proches), qu’il a de cette maladie et de ses conséquences.
  • Sa situation familiale personnelle (enfant, personne à charge, isolé ou entouré).
  • Les soutiens possibles.
  • Sa situation matérielle, professionnelle, sociale.
  • La représentation qu’a son compagnon/ses enfants/son entourage de la maladie.
  • L’information qu’il souhaite que l’on donne à ses proches, s’il préfère qu’on l’aide à informer ses proches.
  • Les besoins ou les souhaits d’aide ou de soutien (psychologique, social) pour lui ou ses proches.

Questions à se poser à la fin de la rencontre

La HAS propose les questions suivantes :
  • Lui ai-je laissé la possibilité de poser toutes ses questions ?
  • Suis-je en mesure de savoir ce qu’il a compris ?
  • Qu’a-t-il retenu de la consultation ?
  • Pour la prochaine consultation : que me reste-t-il à lui dire ?

Sources

Brochure de la HAS « Annoncer la mauvaise nouvelle ». Guide de la HAS « Annoncer la mauvaise nouvelle ».

Crédit photo : © Ginasander... | Dreamstime.com

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