La phytothérapie et les autorités de santé publiques

Août 2017
Quelles autorités sanitaires et médicales sont chargées d'évaluer les propriétés, l'efficacité, la sécurité (innocuité, contre-indications...) des médicaments et des produits phytothérapeutiques ? Comment définissent-elles les indications thérapeutiques, ou encore, comment délivrent-elles des autorisations de mise sur le marché de médicaments... ?

L'OMS au niveau international, l'EMA au niveau européen, ou encore l'ANSM en France : ces autorités de santé publique reconnues sont les références. Elles délivrent des informations fiables sur les propriétés des plantes. La France dispose de sa propre autorité de santé publique dont le fonctionnement tend à s'uniformiser à l'échelle européenne.



Phytothérapie traditionnelle et pratique médicale réglementaire

La phytothérapie est issue de traditions qui reposent sur l'utilisation des plantes médicinales à des fins thérapeutiques. Les autorités de santé distinguent l'usage traditionnel de la plante de l'usage médical bien établi.


L'usage traditionnel relève d'un usage médical d'au moins 30 ans en France et au moins 15 ans dans l'Union Européenne. L'usage traditionnel d'une plante inscrite à la Pharmacopée française est accepté après des études bibliographiques. L'usage médical bien établi porte sur l'efficacité reconnue d'une substance active et un usage médical établi depuis au moins 10 ans (en France et au sein de la Communauté Européenne). L'usage bien établi d'une plante ou d'un médicament à base de plante porte également sur son niveau de sécurité (jugé acceptable).

La phytothérapie utilise une partie ou la totalité de la plante sous plusieurs formes alors que la phytothérapie médicale extrait les principes actifs des plantes pour en faire des médicaments à base de plante. Les autorités de santé, à l'échelle française, européenne ou mondiale, reconnaissent l'usage traditionnel d'une plante ou son usage médical bien établi. On tend actuellement à une uniformisation des validations établies par ces autorités.

Les monographies des plantes médicinales publiées par les autorités de santé sont des fiches plus ou moins poussées regroupant les caractéristiques validant les qualités physicochimiques d'une plante, les méthodes de contrôle, les parties utilisées... Elles peuvent mentionner les plantes utilisées traditionnellement, qui relèvent de l'usage populaire non confirmé par des recherches,les indications mentionnées par les médecines et les pharmacopées traditionnelles et les indications confirmées par des études cliniques.

L'Organisation mondiale de la santé (O.M.S.)

Au sein des Nations Unies, l'OMS est l'autorité qui dirige et coordonne les travaux internationaux dans le domaine de la santé. Sa mission consiste à diriger l'action sanitaire dans le monde, définir des programmes de recherche. En 1986 lors de la Conférence internationale des instances réglementaires sur les médicaments, l'O.M.S. a été mandatée pour établir des spécifications internationales sur les plantes médicinales les plus utilisées. Les monographies établies par l'OMS sont très détaillées.
Site de l'OMS

L'European Medicines Agency (E.M.A.)

L'Agence Européenne du Médicament est un organisme européen chargé de la protection de la santé humaine et vétérinaire. Sa principale mission est d'évaluer scientifiquement et de superviser le développement de nouveaux médicaments et leur mise sur le marché. L'EMA a publié un ensemble de monographies phytothérapeutiques comprenant l'avis scientifique du Committee on Herbal Medicinal Products (HMPC) et qui mentionnent systématiquement l'usage médical bien établi et l'usage traditionnel de la plante, pour quels symptômes la plante est utilisée, pour qui et les (contre)indications.
Site de l'E.M.A.
Exemple de monographie, sur le pissenlit

L'European Scientific Cooperative on Phytothérapy (E.S.C.O.P.)

L'ESCOP est une référence dans le milieu de la phytothérapie. C'est cette organisation qui fédère les associations nationales de phytothérapie et qui est chargée de leur harmonisation. Elle assure entre autre la promotion des plantes auprès des praticiens de la santé et encourage l'avancée des recherches faites en matière de phytothérapie. L'ESCOP a publié près de 80 monographies de plantes médicinales depuis 1996.

L'Agence nationale de sécurité du médicament (A.N.S.M.)

L'ANSM, anciennement l'AFSSAPS, est l'autorité compétente qui délivre les Autorisations de Mise sur le marché (AMM) pour les tous les médicaments et en particulier les médicaments à base de plante. C'est la Commission Nationale de Pharmacopée qui valide l'intérêt thérapeutique d'une plante. La Pharmacopée française est un ouvrage réglementaire destiné aux professionnels de santé et aux laboratoires (publics ou privés) chargés des contrôles de qualité et services d'évaluation des médicaments, mais ce n'est pas un registre des médicaments autorisés. Elle regroupe notamment les monographies de plantes dont l'usage est reconnu en France. La Pharmacopée a publié une liste des 365 plantes médicinales utilisées traditionnellement. Depuis août 2013, un Comité français de Pharmacopée « plantes médicinales et huiles essentielles » a été créé. C'est lui qui est chargé d'examiner les dossiers de demande d'inscription d'une plante à la Pharmacopée. Ces dossiers regroupent la documentation scientifique en s'attachant particulièrement aux éléments de botanique, à la composition chimique, aux données pharmacologiques, à la toxicologie, aux formes et conditions d'utilisation.
Site de l'A.N.S.M.
Liste A des plantes médicinales utilisées traditionnellement et figurant dans la Pharmacopée française

La Commission E

L'Allemagne, en avance par rapport à la France en matière de phytothérapie, dispose d'une Commission E qui regroupe à la fois des experts en médecine, pharmacologie, toxicologie et phytothérapie. La Commission E est le seul organisme mandaté par un gouvernement pour attester de l'efficacité des plantes médicinales.
Liste des monographies de la Commission E
En anglais

L'institut Européen des substances végétales n'est pas une autorité publique gouvernementale mais une association qui fait référence en termes de phytothérapie.

L'Institut Européen des Substances Végétales (I.E.S.V.)

Association qui vise à renforcer et améliorer les bonnes pratiques en phytothérapie clinique individualisée. Son but est d'informer les patients et de former les professionnels de santé à la Phytothérapie clinique individualisée, discipline médicale qui utilise les principes actifs des plantes pour rééquilibrer l'état de santé d'un individu.
Site de l'I.E.S.V.

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