Prélèvements d'organes chez les donneurs à cœur arrêté (SRLF)

Janvier 2017
La Société de Réanimation de Langue Française (SRLF) a édité un article concernant leur position sur les prélèvements d’organes chez les donneurs déclarés morts. Cette pratique représente actuellement la source principale de greffons.


Critères de mort et questions éthiques

Caractéristiques du donneur

  • Le donneur potentiel peut être :
    • à cœur battant mais sans activité cérébrale : mort encéphalique (destruction totale du cerveau et du tronc cérébral) ;
    • à cœur arrêté : mort cardiaque (arrêt cardio-respiratoire après échec de la réanimation).

Définition du donneur à cœur arrêté

  • Dans ce rapport de la SRLF est détaillé l’ensemble des caractéristiques des donneurs à cœur arrêté définies par le protocole de Maastricht :
    • mort avant l’arrivée à l’hôpital,
      • décès du patient à l’extérieur de l’hôpital sans manœuvres de réanimation,
      • durée d’arrêt cardiaque inconnue ou imprécise,
    • échec de la réanimation,
      • patients en réanimation débutée en dehors de l’hôpital ou arrêt cardiaque dans l’hôpital,
      • durée d’arrêt cardiaque irréversible,
      • arrêt cardiaque causé le plus souvent par une maladie cardiaque, une hémorragie cérébrale, un traumatisme crânien, une rupture d’anévrisme,
    • patients dans l’attente d’un arrêt cardiaque,
      • présentent un problème neurologique majeur qui pousse l’équipe médicale à stopper le traitement,
    • arrêt cardiaque après mort encéphalique,
      • patients en mort encéphalique.
    • Le constat de la mort est ensuite établi sur 3 critères :
      • absence totale de conscience et d’activité motrice spontanée,
      • abolition de tous les réflexes du tronc cérébral,
      • absence de ventilation spontanée.

Les questions éthiques

Ce document de la SRLF nous montre que plusieurs questions éthiques peuvent égratigner la confiance des patients envers le corps médical et l’adhésion même de l’équipe médicale aux procédures :
  • la rupture entre l’arrêt des soins de réanimation du vivant et la conservation des organes du patient déclaré mort n’est pas assez franche (l’aspect « technique » prend le pas trop rapidement sur l’aspect » curatif ») ;
  • doute sur l’efficacité des manœuvres de réanimation :
    • durée et qualité des soins insuffisantes,
    • les manœuvres sont mal perçues une fois que l’activité vitale est inexistante (impression de « profanation » du corps),
    • instrumentalisation du corps mort.
  • La loi selon laquelle l’absence de refus d’autoriser sur soi le prélèvement d’organes équivaut à une acceptation empêche la volonté de certains défunts d’être respectée.
  • manque d’information,
  • tendance à considérer comme « incivique » le refus de don d’organes,
  • question de savoir s’il faut 2 équipes soignantes différentes pour l’arrêt des manœuvres de réanimation et les soins de conservation des organes.

Au niveau médico-légal

  • Le législateur se trouve face à 2 antagonismes :
    • respecter le patient en tant que tel et non comme un corps qui fournit des organes ;
    • ne pas empêcher les interventions sur le corps pour sauver d’autres patients.
  • Pour cela, différentes règles ont été établies :
    • relatives au don et à l’utilisation des organes et rattachées au code de santé publique,
    • droit à la personne et au respect du corps humain par des règles relatives au code pénal et civil.



Crédit photo : Kalewa Dreamstime.com

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Dernière modification le vendredi 3 juin 2016 à 11:08:14 par Jeff.
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