Cancer colorectal

Mars 2017
Le cancer colorectal touche environ 43 000 nouvelles personnes et est responsable de plus de 17 500 décès. Il s'agit du 3ème cancer le plus fréquent et de la 2ème cause de décès par cancer en France. Pourtant, s'il est détecté tôt, il se guérit dans 9 cas sur 10, d'où l'importance de penser au dépistage.

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Les précisions du docteur Pierrick Hordé :



33000 nouveaux cas de cancers rectocoliques surviennent chaque année en France, avec 15 000 décès par an. Les cancers colorectaux représentent 15% de l'ensemble des cancers en France. L'incidence du cancer du côlon augmente régulièrement avec l'âge. Il est possible d'apprécier le risque à partir de 45 ans et celui-ci double à chaque décennie. L'âge moyen de son diagnostic se situe aux alentours de 70 ans. La France figure parmi les régions à risque élevé de cancer colorectal, tout comme les autres pays de l'Europe occidentale, l'Amérique du Nord et l'Australie. Il s'agit du plus répandu des cancers chez l'homme après celui du poumon et de la prostate. Les hommes sont un peu plus affectés que les femmes (taux d'incidence de 40 et 27 pour 100000). Les africains et asiatiques sont beaucoup moins touchés que les habitants de l'Europe du nord et des Etats Unis.

Définition

Le cancer du colon est un cancer qui se développe à partir des cellules situées sur la paroi interne du côlon. Il provient généralement d'un polype adénomateux, une tumeur bénigne. Celle-ci évolue lentement mais finit par devenir cancéreuse.

Le cancer colorectal, également appelé cancer du côlon-rectum, est un cancer très fréquent qui touche essentiellement les personnes de plus de 60 ans. On parle de cancer colorectal de façon générale, car qu'il touche le côlon ou le rectum, de très nombreux points sont identiques. Une des seules différences provient du fait qu'il touche autant l'homme que la femme dans sa localisation colique, mais il est deux fois plus fréquent chez l'homme lorsqu'il atteint le rectum. Il se localise environ dans 7 cas sur 10 au côlon et dans 30% des cas au rectum. Des facteurs alimentaires sont en cause, l'alcool, les graisses animales augmentant le risque, de même que le tabac et les fibres alimentaires, les légumes étant protecteurs.

Mais il existe également des formes génétiques et notamment certaines maladies familiales comme la polypose adénomateuse familiale caractérisée par l'existence de très nombreux polypes sur la muqueuse, paroi interne, du côlon ou du rectum, qui évolueront quasiment systématiquement vers la cancérisation avant 40 ans. Les polypes sont d'ailleurs des lésions potentiellement précancéreuses, d'où leur ablation fréquente à titre préventif.

Stades

Le stade (étendue ou degré d'extension du cancer) est compris sur une échelle allant de 0 à 4.
Les stades 0, I et II correspondent aux cancers localisés, limités au côlon. Dans ce cas, aucun ganglion n'est touché et il n'y a pas de métastases.

Causes

La plupart des cancers colorectaux résultent de la cancérisation d'un adénome, c'est-à-dire d'une tumeur bénigne. Dans ce cas précis, on parlera alors d'adénocarcinome. Cette transformation peut être favorisée par de nombreux facteurs extérieurs tels que :
• l'âge (à partir de 50 ans),
• le surpoids et l'obésité,
• la consommation excessive d'alcool,
• le tabagisme,
• l'alimentation riche en viandes,
• les antécédents de <b>cancer colorectal</b>,
• les maladies inflammatoires de l'intestin,
• l'hérédité.

Une alimentation particulièrement riche en graisse animale et pauvre en végétaux (légumes verts) représente un facteur de risque important. L'existence de polypes du côlon, tumeurs bénignes, est également un facteur de risque de cancer du côlon. Elles peuvent se transformer quelques années plus tard en cancer. 80% des cancers colorectaux dérivent d'une tumeur bénigne de type adénome. Les enlever permet d'éviter l'évolution vers le cancer. Il existe un risque de cancer du côlon dans les cas de maladie génétique telle que le syndrome de Lynch ou la polypose adénomateuse.

Un antécédent familial de cancer colorectal augmente le risque de cancer colorectal par comparaison à la population générale: Ce risque est moins élevé que dans les 2 maladies génétiques précédentes, mais justifie quand même des mesures de prévention et dépistage.

Les pathologies inflammatoires du tube digestif, maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique présentent un risque d'évolution vers une forme cancéreuse. Enfin, le tabagisme, la sédentarité ou la consommation excessive de viande rouge sont autant de facteurs à prendre en compte. Les choux et le brocolis, riches en fibres et en anti-oxydants, sont spécifiquement conseillés pour leur effets protecteurs dans le cadre du cancer du colon.

Symptômes

Comme dans de nombreux cancers, les symptômes ne sont pas spécifiques. Leur chronicité, l'accentuation de leur fréquence et de leur intensité impose un avis médical. Les manifestations du cancer colorectal se produisent à un stade avancé du cancer. Lorsqu'il n'est pas traité, il peut se propager vers le foie, les glandes lymphatiques et encore bien d'autres parties de l'organisme. Peuvent apparaître des douleurs abdominales d'apparition récente, des troubles du transit intestinal d'apparition récente, ou modification récente de troubles anciens du transit, une altération de l'état général, une tumeur abdominale ou foie métastatique et l'apparition d'une complication (occlusion intestinale ou perforation intestinale).

Diagnostic

Le diagnostic du cancer s'effectue grâce à une coloscopie permettant de visualiser la tumeur et de faire des biopsies.

En cas de symptômes évocateurs, le médecin peut être amené à pratiquer un toucher rectal, car les tumeurs du rectum sont parfois palpables au doigt. Mais l'examen le plus intéressant dans ce contexte de suspicion est la coloscopie, qui utilise une mini caméra pour visualiser l'intérieur du rectum et du côlon. Souvent pratiquée sous anesthésie générale, elle permet l'étude de la muqueuse et la localisation des polypes ou autres lésions évocatrices. Elle permet également de réaliser des prélèvements pour étude de la lésion, mais aussi d'enlever les polypes, lésions potentiellement évolutives vers un cancer. Après analyse, si un cancer est confirmé, un bilan d'extension est pratiqué, qui correspond à la réalisation de divers examens pour rechercher l'atteinte de ganglions ou d'autres organes par migration des cellules cancéreuses.

Dépistage

Un dépistage précoce améliore le pronostic. Lorsqu'un cancer du côlon est dépisté à un stade précoce, le pronostic est grandement amélioré. Tous les deux ans, les personnes, hommes ou femmes, âgés de 50 à 74 ans reçoivent une invitation par courrier pour consulter leur médecin traitant afin de réaliser un test de dépistage immunologique.

Recherche de saignements

Le dépistage du cancer colorectal se base sur la pratique d'un test Hémoccult II® qui permet de repérer des saignements microscopiques anormal. Depuis 2008, le programme national de dépistage organisé du cancer colorectal a été généralisé à l'ensemble du territoire français. Il s'adresse tous les deux ans aux hommes et aux femmes de 50 à 74 ans afin d'effectuer une recherche de sang dans les selles.

Test Hemoccult

Le test hemoccult est le seul examen à avoir déjà été utilisé largement pour un dépistage de populations. Le dépistage de masse est recommandé après 50 ans et jusqu'à 74 ans. En effet, dès 50 ans, l'incidence du cancer colorectal augmente vite. Avant l'âge de 50 ans, le cancer colo-rectal est plus rare (moins de 6% des cas). Chez les sujets à risque qui ont des antécédents personnels ou familiaux, la prise en charge doit être plus précoce et plus fréquente. La coloscopie est dans ce cas l'examen classique de dépistage. Tout saignement au niveau du rectum est anormal et doit inciter à consulter un médecin.

Nouveau test de dépistage

Un nouveau dispositif plus fiable, plus simple et plus performant est proposé depuis avril 2015, et mis à disposition notamment auprès des médecins généralistes, dans le cadre du programme de dépistage organisé du cancer colorectal destiné aux personnes de 50 à 74 ans. Ce test immunologique repose sur la détection de la présence d'hémoglobine humaine dans les selles grâce à l'utilisation d'anticorps.

Nouvelle campagne Novembre 2016 - Cancer colorectal : pourquoi se faire dépister ?

Le test se réalise en quelques minutes à domicile. Il permet de détecter la présence de sang dans les selles, signe d'une possible lésion précancéreuse ou d'un cancer dans le colon ou le rectum.

Voir la vidéo de la campagne Novembre 2016

Coloscopie

La coloscopie est notamment indiquée chez les personnes qui ont eu un antécédent familial de cancer du côlon ou de polype, des antécédents de polype du côlon, ou une recherche de saignements dans les selles positive.

La coloscopie permet d'examiner le côlon et le rectum grâce à une sonde appelée coloscope longue de 1,5 m qui est introduite dans l'anus. Le coloscope effectue un glissement de l'anus vers le côlon sous le contrôle du manipulateur aidé de manettes. Le coloscope permet une biopsie à l'aide de pinces localisées au bout de la sonde. La coloscopie permet l'ablation des polypes avant leur transformation en cancer.

Pour en savoir plus: La coloscopie: un examen moins contraignant
Plus d'informations sur e-cancer.fr

Traitement

La prise en charge thérapeutique du <b>cancer colorectal</b> dépend de plusieurs paramètres : âge et état général du patient, typologie du cancer, taille et localisation de la tumeur, présence éventuelle de métastases… Lorsque cela est envisageable, le recours à la chirurgie est privilégié. Cette méthode permet, en effet, de retirer la tumeur ainsi qu'une partie des tissus avoisinants afin de limiter les risques de récidive. Dans certains cas, il est donc nécessaire d'enlever une partie du côlon. Il est possible que des séances de chimiothérapie soient préconisées en amont de l'intervention de manière à réduire la taille de la tumeur. La radiothérapie, elle, n'est employée que plus rarement et dans des cas plus spécifiques.

L'ablation de la tumeur, consistant à enlever une partie du côlon et des ganglions voisins, demeure l'élément fondamental du traitement du cancer du colon. Le lieu et la taille de la tumeur ne permettent pas systématiquement de conserver l'anus. Une colostomie, création d'un anus artificiel, est alors envisagée. Une chimiothérapie peut également être associée à la chirurgie.

Pour proposer le ou les traitements les mieux adaptés, les médecins déterminent dans un premier temps l'étendue du cancer au moment du diagnostic. Le choix des traitements est cependant adapté à chaque situation, et dépend d'autres facteurs : comme l'état de santé du patient, ses antécédents médicaux et chirurgicaux. Les traitements reposent essentiellement sur la chirurgie, et dans certains cas, la chimiothérapie.

Chirurgie

La chirurgie est le traitement de référence des cancers du colon non invasifs. Dans ce cas, le traitement chirurgical consiste à retirer la partie du côlon atteinte et les ganglions qui en dépendent. Deux techniques chirurgicales peuvent être utilisées pour opérer un cancer du côlon : la laparotomie ou la coelioscopie.

Laparotomie

Lors d'une laparotomie, le chirurgien fait une incision verticale d'une vingtaine de centimètres sur l'abdomen, du nombril jusqu'au bas du ventre. Ce geste lui permet d'observer minutieusement toute la cavité abdominale, avant de retirer la portion du côlon atteinte. Le geste est assez invasif et est associé à des risques de complications plus importants que la coelioscopie à court et moyen terme.

Coelioscopie

La coelioscopie (ou laparoscopie) est une technique chirurgicale plus récente, qui consiste à opérer à ventre fermé. Elle consiste, pour le chirurgien, à réaliser trois ou quatre petites incisions au niveau de l'abdomen, pour faire passer une petite caméra et ses instruments chirurgicaux à l'intérieur de celui-ci. La caméra est reliée à un écran extérieur que le chirurgien consulte lorsqu'il opère, afin de l'aider à retirer les parties du côlon malades. Cette technique chirurgicale, moins invasive, permet de diminuer la douleur et les complications après l'intervention, réduire la durée d'hospitalisation ainsi que le risque d'occlusion intestinal futur.

Déroulement de l'intervention

La chirurgie du côlon (par laparotomie ou coelioscopie) débute par une phase d'observation, qui lui permet de confirmer le diagnostic initial (ex : absence de métastases, confirmation du stade).
Le chirurgien retire ensuite le segment du côlon où se situe la tumeur, ainsi que les tissus graisseux, vaisseaux sanguins et ganglions reliés à ce segment. Dans tous les cas, une portion saine du côlon (5 centimètres et plus) doit être retirée de part et d'autre de la tumeur afin de prévenir le risque de récidive. Les deux extrémités du côlon sont ensuite recousues afin de reformer le conduit intestinal. Les parties retirées lors de l'intervention sont analysées grâce à un examen dit anatomopathologique. Cet examen permet de déterminer précisément jusqu'où les cellules cancéreuses se sont propagées. Et sur cette base, de décider si une chimiothérapie est nécessaire ou non après la chirurgie. Dans le cadre d'une chirurgie du côlon, la durée d'hospitalisation est généralement de 7 jours.

Complications postopératoires

Un défaut de cicatrisation de la suture entre les deux parties du côlon recousues (« fistule anastomotique ») constitue le principal risque de complication postopératoire. Elle se manifeste généralement une semaine après l'intervention, par des douleurs intestinales et un arrêt du transit. Le traitement de cette complication varie selon la gravité : il peut reposer sur la mise sous antibiotiques ou nécessiter une réintervention chirurgicale. Parmi les autres complications possibles : l'hémorragie intra-abdominale (rares), l'abcès de paroi, l'infection urinaire, la complication pulmonaire (pneumopathie) et la phlébite. Les troubles du transit intestinal sont fréquents après l'intervention, mais s'améliorent au cours de la première année, avec un régime alimentaire équilibré.

Chimiothérapie

Dans certains cas, une chimiothérapie peut être envisagée en complément de la chirurgie, notamment si la tumeur présente des caractéristiques agressives. Neuf médicaments anticancéreux, sous forme injectable ou orale, sont actuellement disponibles pour traiter le cancer du côlon. Les médicaments de chimiothérapie sont 5-fluoro-uracile (5FU), Capécitabine, Tégafur uracile (UFT) qui est dérivé du 5FU, Oxaliplatine, Irinotécan et Raltitrexed. Trois médicaments appartenant à la classe des anticorps monoclonaux sont également utilisés sous forme injectable : Bevacizumab (Avastin®), Cetuximab (Erbitux®) et Panitumumab (Vectibix®). Ces médicaments peuvent être utilisés seuls ou en association avec d'autres médicaments. Les médicaments employés, les doses administrées et la fréquence des cures varient d'une personne à l'autre. Comme pour de nombreux traitements anticancéreux, les risques d'effets secondaires comprennent nausées et vomissements, diarrhées, baisse des globules blancs, des globules rouges et des plaquettes, lésions des muqueuses la bouche, perte d'appétit et plus rarement, chute des cheveux.

Prévention

Il est possible d'éviter le cancer colorectal notamment en adoptant une hygiène de vie appropriée avec une alimentation saine (peu de viande rouge, de charcuterie et de grillades, mais plutôt du poisson, des céréales complètes, des fruits et des légumes), la pratique régulière d'exercice physique, l'arrêt du tabac et de l'alcool.

Le développement du dépistage par la recherche de sang dans les selles dès 50 ans autorise une suspicion précoce de ces cancers. Par ailleurs, une coloscopie au moindre doute ou si une personne de la famille a été atteinte d'un cancer colorectal permet également cette découverte anticipée. Dans certaines formes familiales comme la polypose adénomateuse familiale, une ablation précoce des polypes est de rigueur.

Prise en charge des personnes à risque

La prise en charge des personnes ayant des antécédents familiaux de syndrome de Lynch ou des antécédents de polypose adénomateuse familiale nécessite un avis spécialisé d'un oncogénéticien.

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