Les médecines complémentaires dans le cancer ?

Mars 2017
Il est impossible de ne pas aborder la problématique des médecines complémentaires et alternatives dans le traitement du cancer. Tous les médecins qui participent à la prise en charge des patients ne peuvent plus faire l'impasse sur l'importance de ces traitements pour des milliers de personnes atteintes par la maladie. Le rôle du corps médical n'est pas de s'opposer systématiquement à ce type de thérapeutique, mais de donner des conseils afin d'aider les malades et leur éviter de sérieuses déconvenues qui pourraient avoir des conséquences dramatiques. De nombreuses études ont été effectuées sur l'utilisation des médecines complémentaires dans le traitement du cancer. Le pourcentage de patients qui y ont recours semble être très important, variant de 30% à 60% voir 70% des malades. Les Etats unis accordent une place importante à ces traitements dans le cancer et de nombreuses facultés enseignent ces traitements: 15% des hôpitaux américains proposent des soins de ce type dans le traitement du cancer et de nombreuses recherches sont effectuées pour valider ces traitements complémentaires.

Différences entre médecine complémentaire et médecine alternative

Les médecines complémentaires


  • Les médecines complémentaires, comme par exemple les massages, la relaxation, la musicothérapie, le yoga, le tai chi, l'homéopathie, l'acupuncture, par exemple, sont des traitements qui peuvent aider les patients à mieux supporter les traitements qui présentent assez souvent des effets secondaires.
  • Ces traitements participent à une meilleure prise en charge, à aider les patients à vivre avec cette pathologie, à se détendre, à communiquer, à bouger et à ne pas rester isoler, reclus, concentré en permanence sur sa maladie.
  • Ces médecines sont complémentaires aux traitements « standards », « classiques » conseillés par des équipes pluridisciplinaires et qui ont fait la preuve d'une certaine efficacité.
  • Ces traitements complémentaires ne doivent pas mettre en danger la vie des malades, mais au contraire les aider à mieux vivre avec le cancer.

Les médecines alternatives

  • Les traitements alternatifs, sont souvent prescrits par des « professionnels » n'exerçant pas dans le circuit médical "classique" et soumis à moins de contrôle et régulation.
  • Ces traitements sont très souvent prescrits en remplacement des traitements classiques.
  • Les malades peuvent être tentés d'interrompre leurs traitements mis en place par des équipes compétentes et prennent le risque de voir leur maladie s'aggraver.
  • Ces traitements n'ont pas fait la preuve de leur efficacité et sont souvent considérés par leurs prescripteurs comme "les seuls traitements efficaces".
  • Seuls des témoignages très favorables de personnes « guéries » ou qui « ont entendu parler de guérisons chez une amie d'une amie d'une amie... » entretiennent le mythe de l'efficacité de ces traitements
  • Nous ne citerons pas ici toutes ces techniques, mais nous allons vous donner quelques indices fondamentaux pour ne pas vous engager dans des directions aux conséquences dramatiques.

Pourquoi ces médecines ont elles autant de succès?

Une écoute insuffisante du personnel soignant

  • Les malades éprouvent souvent des difficultés à exprimer leur mal de vivre, leurs souffrances et les difficultés qu'ils rencontrent quotidiennement auprès du personnel soignant, qui par manque de temps le plus souvent ou par une insuffisance de formation, ne peuvent leur apporter suffisamment d'écoute.
  • Même si de nombreux efforts sont effectués, notamment dans l'annonce du diagnostic, les patients sont encore perdus et désemparés quand ils se retrouvent seuls, isolés.

Des soins plus « doux », moins agressifs, plus naturels


La majorité des patients sont attirés systématiquement par des traitements naturels qui ne semblent pas avoir d'effets secondaires, ce qui n'est malheureusement pas toujours la réalité. Certaines plantes peuvent entraîner des réactions dangereuses et être contre-indiquées avec les traitements anti cancéreux qui sont prescrits.

Une participation plus active des malades


Avec ces traitements, les patients pensent devenir plus impliqués dans le traitement de leur maladie. N'arrêtez pas les traitements qui vous sont conseillés par des équipes compétentes.

L'inquiétude vis à vis des traitements classiques

  • Les échecs de certains traitements et l'absence de guérison définitive inquiète, de manière légitime, les malades.
  • Les « professionnels » de ces « médecines parallèles » profitent de la faiblesse psychologique des malades pour leur proposer, « des techniques révolutionnaires, plus douces et humaines » qui les guériront alors que selon eux, la "médecine traditionnelle" et " ses traitements aux conséquences désastreuses" n'y est pas capable.

Conseils avant de prendre certains traitements

  • Ne pas arrêter les traitements proposés par l'équipe pluridisciplinaire qui vous prend en charge
  • En parler avec le médecin : il ne sert à rein de cacher cette réalité. Même si les médecins n'acceptent pas toujours ces traitements, les avertir vous évitera certaines déconvenues aux conséquences parfois préjudiciables.
  • Ne croyez pas coûte que coûte tous ceux qui vous disent qu'ils ont guéri grâce à "ce traitement miraculeux". prescrit. Rappelons que les traitements conseillés par les cancérologues font l'objet de nombreuses études...
  • N'achetez pas sur internet, car vous risquez d'obtenir des produits dangereux pour votre santé
  • Faire preuve de grande prudence lorsque vous entendez ce type de phrases : « il a prit ce traitement, ça a marché, il est guéri... et il avait tout arrêté, ça ne servait à rien et ça l'empoisonnait»
  • Tentez de reconnaître une personne capable d'exploiter des malades, fragiles et vulnérables, prêts à suivre le ou les personnes qui leur promettraient une guérison.

Quelle attitude les médecins doivent-ils adopter ?


Le corps médical ne doit pas écarter systématiquement ces médecines complémentaires qui peuvent aider les malades s'ils sont bien encadrés.
  • Les convaincre avant tout de ne pas arrêter les traitements conseillés par l'équipe médicale.
  • Répondre aux questions des patients souvent décidés à prendre ces produits coûte que coûte et leur faire prendre conscience qu'ils peuvent parfois présenter un danger...
  • Tentez de connaître les méthodes et leurs effets secondaires et dangers
  • Faire preuve de souplesse. L'objectif étant de pouvoir suivre régulièrement le patient et d'essayer qu'il n'arrête pas les traitements médicaux en cours.

Pour en savoir plus: "Patients, tout ce qu'on vous cache"du Dr Pierrick Hordé et Claire Gabillat (Editions Flammarions)

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