Information du patient avant chirurgie de la glande thyroïde

Décembre 2017
La Société Française d'Oto-Rhino-Laryngologie et de Chirurgie de la Face et du Cou (SFORL) a publié en 2011 des recommandations pour la pratique clinique relatives aux modalités et au contenu de l'information à communiquer au patient préalablement à la chirurgie de la glande thyroïde. Destinées aux médecins, elles présentent les éléments nécessitant une information précise, aux différentes étapes de la prise en charge médicale: explorations préopératoires, justification de l'intervention chirurgicale, risques de complications post-opératoires, etc.


Droits et souhaits du patient à l'information


D'après la SFORL :
  • Le patient doit être informé de l'organisation de sa prise en charge, à chaque étape de celle ci.
  • L'information doit être complète, loyale et personnalisée.
  • L'information et la compréhension par le futur opéré des données médicales qui amènent à proposer le traitement chirurgical doivent être facilitées.

Contenu de l'information

Données cliniques et paracliniques nécessaires avant de poser une indication opératoire de thyroïdectomie


La SFORL recommande d'expliquer au patient :
  • Les risques et les résultats des différentes explorations préopératoires qui motivent, en complément des données cliniques, l'indication d'une thérapeutique chirurgicale :
  • échographie, de la cytologie (éventuellement de la scintigraphie) et de la biologie endocrinienne qui

Parmi les différentes explorations préopératoires nécessitant une information :
  • Interrogatoire : recherche de contextes à risque de cancer
  • Examen clinique : caractéristiques de la glande thyroïde, recherche l'existence d'adénopathies cervicales,
  • Biologie endocrinienne :

- Dosage systématique de la TSH et indication de scintigraphie si TSH abaissée.
- Dosage systématique de la thyrocalcitoninémie proposé
- recherche de marqueurs moléculaires possibles (si cytopathologie de type indéterminée).
  • Echographie : l'examen clef du bilan initial, qui précise les caractéristiques des lésions palpables (et peut mettre en évidence d'autres lésions non palpables.
  • Cytoponction : elle précise le diagnostic de nature d'une lésion nodulaire triée par l'échographie. Le patient est informé des résultats et des recommandations de prise en charge validées par les sociétés savantes
  • Scintigraphie : indiquée en cas de TSH basse (ex : différenciation avec une maladie de Basedow, ou un nodule toxique). Cette distinction peut modifier la prise en charge thérapeutique (indication chirurgicale et type de geste à réaliser).
  • Scanner et IRM : réservés à certaines formes anatomocliniques (ex : goîtres plongeants)
  • TEP-TDM : Les nodules découverts en imagerie TEP/TDM (incidentalomes) ont un risque de cancer significatif

« Pourquoi dois-je être opéré de la glande thyroïde ? »


Le patient doit être informé de la recommandation d'une chirurgie en cas :
  • de diagnostic de cancer ou de possibilité de cancer,
  • de lésion nodulaire bénigne, symptomatique,
  • de goitre multi nodulaire hyperthyroïdien.

Le patient est informé que la chirurgie envisagée doit être discutée avec lui et ses médecins dans les cas suivants :
  • maladie de Basedow,
  • nodule hyper sécrétant,
  • nodule volumineux asymptomatique ou plongeant.

« Dois-je subir l'ablation de toute la glande thyroïde » ?


Le patient est que lorsque qu'un geste chirurgical est retenu, la thyroïdectomie totale est le traitement à privilégier dans les cas suivantes :
  • Cancer,
  • goitre multinodulaire diffus
  • maladie de Basedow.

Pour les lésions nodulaires isolées bénignes, sont indiquées :
  • une lobo-isthmectomie,
  • ou une isthmectomie,

Dans les goitres, la discussion entre thyroïdectomie totale et lobo-isthmectomie est fonction du nombre, de la taille, des caractéristiques échographiques, de la situation anatomique et de l'évolutivité des nodules. Dans tous les cas, les arguments du choix, le type de geste proposé, ses avantages et ses risques seront explicités et discutés avec le patient.

« Quels sont les risques et les complications de la chirurgie thyroïdienne ? »


L'information au patient regroups les risques de complications suivants :
  • Troubles de la voix et de la déglutition (Moins de 2% des patients présentent des troubles de la voix qui persistent au-delà de 8 semaines post opératoires). Le patient est informé du risque sur la qualité de la voix en distinguant les modifications transitoires des séquelles définitives.
  • Dyspnée laryngée : complication exceptionnelle et grave pouvant conduire à une trachéotomie
  • Risque d'hypoparathyroïdie transitoire : important (entre 20 et 30%,). Le risque d'hypoparathyroïdie définitive est beaucoup plus faible et de l'ordre de 1 à 6%?.
  • L'hypocalcémie est la principale cause médicale de maintien en hospitalisation des patients au-delà de la 24ème heure post opératoire (informations nécessaires sur les risques et les symptômes de l'hypocalcémie).
  • Légère dysphagie et troubles mineurs de la déglutition
  • Cicatrices légèrement hypertrophiques
  • Les autres complications de la chirurgie thyroïdienne sont exceptionnelles et non spécifiques.


D'après la SFORL : l'information n'est pas limitée aux seuls risques chirurgicaux. La présentation des risques est adaptée à la situation personnelle du patient en prenant en compte la pathologie traitée et le type de geste chirurgical à réaliser.

Quelles informations utiles dois-je recevoir avec un geste chirurgical ?


La SFORL recommande d'informer le patient sur les aspects suivants de la prise en charge :
  • Information sur l'établissement de santé
  • Information sur le chirurgien et l'équipe chirurgicale
  • Information sur les risques anesthésiques et généraux
  • Information sur le type d'anesthésie et d'hospitalisation
  • Information sur la réalisation d'un examen anatomo-cytopathologique extemporané (le cas échéant, pratiqué si un risque significatif de cancer thyroïdien avec l'objectif de permettre une adaptation du geste chirurgical)
  • Information sur les modalités techniques
  • Information sur la période post opératoire
  • Information sur la cicatrice
  • Information sur les suites postopératoires

Y a-t-il, pour la pathologie concernée, un autre traitement que la chirurgie ?


La décision d'une opération prend en compte trois problèmes de santé différents (et rarement présents en même temps chez un patient) :
  • Hyperthyroïdie : peut être corrigée par un traitement médical quotidien qui nécessite des contrôles sanguins fréquents et expose aussi à des risques propres (neutropénie, hépatite médicamenteuse). Ce traitement médicamenteux est mis en oeuvre pour préparer le patient à l'intervention car la chirurgie est réalisée au mieux en euthyroïdie. Il ne permet pas de guérir la maladie dans la majorité des cas.

Un traitement par iode radioactif (gélule) peut également être préféré à la chirurgie. L'iode radioactif capté par la glande thyroïde est susceptible d'altérer définitivement ses capacités de fabrication des hormones thyroïdiennes. Ce traitement ne peut être administré que dans des centres agréés.
  • Syndrome compressif : il n'est pas possible d'améliorer durablement la situation avec l'aide de médicaments. La chirurgie est la thérapeutique de choix. l'IRAthérapie doit être réservée aux contre-indications chirurgicales.
  • Le risque de cancer
  • Aucun autre examen médical que ceux recommandés ne peut préciser mieux ce diagnostic,
  • Aucun médicament ne peut être utilisé pour améliorer la situation ou diminuer ce risque,
  • La chirurgie est la seule façon de permettre le diagnostic de certitude de pathologie bénigne ou maligne.

« Quelles sont les conséquences de cette opération ? »


Selon la SFORL, informer le patient sur :
  • les conséquences endocriniennes des thyroïdectomies.
  • La nécessité d'un suivi médical propre à cette chirurgie et d'un traitement hormonal substitutif définitif en cas de thyroïdectomie totale doit être souligné.
  • La prise en charge post opératoire est coordonnée avec le médecin traitant, l'endocrinologue et /ou le médecin nucléaire.

Les modalités de l'information

  • Forme orale : Elle est suffisante pour le recueil du consentement sauf dans les cas de formulaire signé exigible juridiquement
  • Remise d'un document écrit d'information : complémentaire de l'information orale. Il éclairee le patient et permet d'enrichir son analyse pendant la période de réflexion


La SFORL rappelle les éléments suivants:
  • Obligation de recueillir le consentement écrit du patient avant chirurgie (réalisation d'une information suffisante, adaptée et de qualité).
  • Il est recommandé au chirurgien de délivrer lui-même oralement cette information en présentant les raisons qui font de la chirurgie la solution thérapeutique la mieux adaptée à l'état du patient. S'assurer de la bonne compréhension de cette information et prévoir un temps de réflexion avant l'acte chirurgical.
  • En cas de difficulté à délivrer l'information, le recours à un deuxième avis peut être proposé.
  • La remise d'un document d'information écrit est conseillée mais non obligatoire sauf quand il y a une obligation juridique (recherche biomédicale, analyse génétique).

Source


Information du patient avant chirurgie de la glande thyroïde, recommandation pour la pratique clinique (PDF)

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